Cigarette électronique, vapotage, ce qu’il faut comprendre pour l’utiliser avec prudence
Vapoter n’est pas fumer, mais ce n’est pas sans risque. L’Anses rappelle des points clés pour éviter l’initiation, se faire accompagner quand on fume, et réduire les pratiques les plus dangereuses.
Parrenin Stephan tabacologue
2/6/20265 min temps de lecture


Cigarette électronique, vapotage,
ce qu’il faut comprendre pour l’utiliser avec prudence
Depuis les années 2010, la cigarette électronique s’est installée dans les habitudes. Un document de l’Anses de décembre 2025 rappelle qu’en 2023, 8,3 % des personnes de 18 à 75 ans déclaraient utiliser des produits du vapotage, et 6,1 % vapotaient tous les jours.
Le vapotage est aussi souvent associé au tabac et une grande partie des utilisateurs sont des « vapofumeurs », c’est-à-dire qu’ils vapotent et fument en même temps. Le document souligne également que beaucoup de vapoteurs réguliers pensent que la cigarette électronique est moins nocive que la cigarette classique, alors que la perception est plus partagée chez les jeunes adultes et les utilisateurs occasionnels. Cela montre qu’il est important de donner des informations claires, nuancées et fiables.
Le vapotage n’est pas sans risque
Le document de l’Anses est très clair sur ce sujet, la cigarette électronique n’est pas un produit anodin. Le vapotage expose à des substances présentes dans l’aérosol inhalé. Il peut aussi exposer à une substance addictive, la nicotine. Le document insiste sur un point important que même si l’absence de combustion est un avantage par rapport à la cigarette fumée, il existe malgré tout des composés toxiques dans les émissions de vapotage et cette présence impose une vigilance.
Le document explique aussi que le vapotage est un comportement relativement récent. Cela pose une difficulté majeure, c’est qu’on manque de recul. Les études sur le tabac fumé existent sur plusieurs décennies, ce qui permet de documenter fortement ses effets. Pour le vapotage, le recul est plus court. Le document précise que l’absence actuelle de maladies chroniques avérées chez des vapoteurs n’ayant jamais fumé pourrait être liée au manque de recul, et ne suffit pas à conclure à une innocuité.
Risques respiratoires, cardiovasculaires et cancérogènes ?
Le document résume une expertise fondée sur une revue de la littérature scientifique et une méthode dite de poids des preuves. Il explique comment l’Anses qualifie les liens entre une exposition et un effet chez l’être humain :
« avéré », « probable », « possible » ou « insuffisant », selon la solidité des données disponibles.
Dans la synthèse présentée, l’Anses indique, pour la population générale, des conclusions de type :
- Effets cardiovasculaires : « probable » pour l’exposition liée au vapotage, selon la synthèse du document
- Effets respiratoires : « possible »
- Effets cancérogènes : « possible »
Le document met aussi en parallèle le tabac fumé, dont les effets sont décrits comme « avérés », et très documentés. Il précise que les effets associés au vapotage ne sont pas d’une gravité équivalente à ceux provoqués par le tabac, notamment parce que l’absence de combustion réduit l’exposition à des substances toxiques et cancérogènes caractéristiques de la fumée du tabac. Mais il rappelle immédiatement qu’il reste des substances nocives dans l’aérosol, et que la nicotine est addictive, d’où la nécessité d’une prudence réelle.
Focus sur le risque lié aux les aldéhydes
Le document présente aussi une évaluation quantitative des risques (EQRS) appliquée à un cas précis, les aldéhydes. Le message général est que le risque ne peut pas être écarté. Le document parle d’un risque sanitaire qui n’est pas négligeable pour les vapoteurs, selon les scénarios et les conditions d’usage. Il explique que l’exposition peut varier fortement selon la façon de vapoter et selon le matériel utilisé.
Cela signifie concrètement que la manière dont une personne vapote, et le matériel qu’elle utilise, peuvent changer les substances émises et les niveaux d’exposition. Le document insiste sur le fait que les conditions d’usage comptent beaucoup.
Pourquoi le matériel et les réglages comptent
Le document recommande de faire attention à des éléments pratiques qui peuvent influencer les émissions :
- Le respect des plages de puissance et des températures de chauffe
- Le remplacement régulier des résistances et des composants soumis à l’usure
- La nécessité de consignes claires et d’une meilleure sécurité dès la conception des produits dits « safe by design ».
Le document évoque également l’évolution rapide du marché avec de nouveaux dispositifs, nouveaux liquides, nouvelles pratiques. Il mentionne la nécessité d’une veille et de contrôles, car les produits changent vite, et certains dérivés de la nicotine peuvent présenter un profil toxicologique préoccupant tel que signalé dans le document.
Les recommandations au grand public selon sa situation
Le document propose des recommandations différentes selon les profils. Elles sont importantes, car elles évitent les messages trop simplistes.
Si vous ne vapotez pas et cela y compris si vous êtes un ancien fumeur ou si vous n’avez jamais fumé, la recommandation explicite est de ne jamais commencer à vapoter, et ne pas commencer ou recommencer à fumer.
Si vous fumez, ou si vous fumez et vapotez (vapofumeur), le document rappelle que l’objectif ultime, pour la santé, est d’arrêter de fumer ou d’arrêter de vapofumer. Il recommande, si la personne n’y arrive pas seule, de faire appel à des professionnels de santé (tabacologue, médecin généraliste, infirmier, pharmacien…), qui peuvent proposer un accompagnement et des traitements à l’aide de dispositifs médicaux ou médicaments.
Le document précise aussi que la cigarette électronique peut être une solution alternative dans un esprit de réduction des risques par rapport à la cigarette conventionnelle, mais sous conditions :
- Ne pas continuer à fumer des cigarettes en parallèle de façon durable
- Utiliser la cigarette électronique dans un objectif de sevrage tabagique (arrêt complet) et pas seulement pour réduire
- Considérer le vapotage comme une alternative transitoire, qui doit conduire, à terme, à un arrêt complet de toute utilisation de la cigarette électronique, car le vapotage n’est pas sans risque et ses effets à long terme sont encore mal connus
De plus, l’objectif d’arrêt complet dépend aussi des capacités individuelles et de l’environnement, notamment des conditions socio-économiques, qui peuvent freiner ce cheminement.
Grossesse et projet de grossesse
Le document demande une attention particulière pour la femme enceinte ou ayant un projet de grossesse. Il indique qu’il faut privilégier l’arrêt complet de la cigarette fumée avec accompagnement et traitements de substitution nicotinique, sans utiliser la cigarette électronique. Si l’arrêt complet n’est pas atteint, la cigarette électronique peut être envisagée comme alternative pour obtenir un arrêt complet de la cigarette fumée, dans une logique de réduction des risques. Mais le document précise aussi que des risques pour la descendance existent, même s’ils sont moindres que ceux du tabac fumé.
Le cas du « Do It Yourself » (DIY) : une pratique fréquente, avec des risques spécifiques
Le document indique que 50 % des vapoteurs français pratiquent le « DIY », surtout pour des raisons économiques. Il explique que cette pratique comporte des risques tels que surdosage, utilisation d’ingrédients non adaptés à l’inhalation, et exposition accidentelle de l’entourage, notamment des enfants avec des cas d’ingestion de liquides de vapotage.
Recommandations associées dans le document :
- Respecter les préconisations de mélange disponibles
- N’utiliser que les kits prévus pour cet usage
- Tenir tous les produits hors de portée des enfants et dans leur emballage d’origine
Ce qu’il faut retenir
Le vapotage peut réduire l’exposition à certaines substances par rapport au tabac fumé, mais il n’est pas sans risque, il expose à des composés toxiques et souvent à la nicotine, et ses effets à long terme restent encore mal connus. La priorité de santé reste donc d’éviter l’initiation chez les non-fumeurs et d’accompagner les fumeurs vers l’arrêt, avec l’objectif final d’un arrêt complet.
© 2025. All rights reserved.
Votre avis compte !
Si mon accompagnement vous a été utile,
je vous serais très reconnaissant de prendre un moment pour partager votre expérience.
Votre témoignage peut aider d’autres personnes à franchir le pas et à trouver, elles aussi, le chemin du changement.
Merci pour votre confiance
★★★★★
